La République centrafricaine renforce ses mesures de défense contre le virus Ebola
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Face à la menace de l’importation de cette maladie en provenance de la République démocratique du Congo (RDC), le pays intensifie ses préparatifs. Le 14 juillet 2026, lors d’une conférence de presse sur les résultats d’une mission conjointe menée les 10 et 11 juillet dans la préfecture du Haut-Mbomou, le ministre de la Santé et de la Population, Dr Pierre SOMSE, a exposé les principaux constats effectués à Obo et Mboki. Étaient présents le directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui, Pr Emmanuel Nakouné, et le directeur de la Santé primaire, Dr Parfait Constant Séboulo.
Cette conférence de presse a permis de faire un état des lieux des préparatifs nationaux contre Ebola et d’actualiser la gestion de l’épidémie de choléra qui affecte plusieurs régions du pays.
Jusqu’à présent, aucun cas d’Ebola n’a été détecté en République centrafricaine.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Pierre Somse a affirmé qu’il n’y avait pas de cas sur le territoire tout en insistant sur la nécessité d’une vigilance continue en raison de la proximité avec les foyers épidémiques en RDC. Les efforts du gouvernement se poursuivent pour garantir une réponse rapide si un cas est importé.
Cette préparation a lieu alors qu’une épidémie de choléra sévit dans les districts sanitaires de Bimbo, Bangui, et Mongoumba. Le ministre voit cette crise comme une occasion pour renforcer le système de réponse aux urgences sanitaires. Selon lui, l’épidémie actuelle permet d’identifier les défis à relever et les opportunités à exploiter pour mieux se préparer face à Ebola.
L’épidémie de choléra a enregistré 547 cas suspects et 38 décès depuis qu’elle a commencé. La situation s’améliore progressant favorablement, sans décès récent enregistré. Cependant, une attention particulière est requise dans le village de Mondoli, près du Fleuve, où une augmentation des cas suggère une possible contamination transfrontalière par la RDC. Les autorités sanitaires envisagent une coopération avec leurs homologues congolais pour approfondir cette enquête.
La mission dirigée par le ministre dans les sous-préfectures d’Obo et Mboki fait suite à celle effectuée le 17 juin à Zémio. Avant de présenter les résultats, Dr Pierre Somsé a exprimé sa reconnaissance envers le Président de la République, le gouvernement et divers partenaires ayant contribué à cette mission, y compris la MINUSCA, l’OMS, l’UNHAS, la Croix-Rouge centrafricaine, l’ONG ALIMA, les Forces armées centrafricaines (FACA), les forces de sécurité intérieure et les autorités administratives locales.
Le but principal était d’évaluer le degré de préparation des districts sanitaires proches de la RDC contre l’importation potentielle d’Ebola.
Infrastructures encore insuffisantes
Lors de la présentation des résultats techniques de la mission, le Directeur de la Santé primaire, Dr. Séboulo, a signalé plusieurs défis importants rencontrés sur le terrain. À l’hôpital de district d’Obo, l’absence d’une clôture sécurisée pour réguler efficacement les flux de patients a été observée, ainsi qu’un bâtiment d’isolement qui ne respecte pas pleinement les normes en vigueur et un laboratoire nécessitant une réhabilitation complète. À Mboki, en revanche, grâce à l’appui de la Fédération internationale de la Croix-Rouge, le centre de santé dispose déjà d’une clôture fonctionnelle et d’un bâtiment d’isolement aux normes. Toutefois, il reste un besoin important en équipements biomédicaux pour faciliter un diagnostic rapide des éventuels cas suspects.
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Déficit critique en ressources humaines
La mission a également révélé une inquiétante insuffisance de personnel qualifié. À Obo, parmi la quarantaine d’agents présents, seuls quatre ont une qualification professionnelle. À Mboki, les soins sont majoritairement assurés par l’ONG ALIMA qui utilise la télémédecine pour que des médecins basés à Bangui puissent effectuer des consultations à distance. Cette limitation restreint grandement la capacité des structures sanitaires à gérer une potentielle flambée épidémique. Le manque de médicaments, de consommables médicaux et de matériel de protection, exacerbé par l’enclavement de la région où le ravitaillement repose principalement sur le transport aérien, constitue aussi un défi majeur.
Renforcer la surveillance communautaire
Les équipes ont constaté que plusieurs établissements sanitaires restent non fonctionnels à cause des crises sécuritaires ayant touché la région. Cette situation réduit fortement les capacités de surveillance épidémiologique et de détection précoce des maladies. Le poste frontalier de Lougua, situé à environ cinq kilomètres d’Obo, ne permet pas non plus un contrôle optimal des mouvements transfrontaliers. Lors des discussions avec les communautés locales, les habitants ont plaidé pour la gratuité totale des soins afin de favoriser une consultation immédiate en cas de symptômes suspects. Malgré le contexte sécuritaire encore instable, les autorités locales, les leaders communautaires et les citoyens se montrent très mobilisés et prêts à s’engager activement dans la surveillance communautaire.
Mesures immédiates annoncées
Au-delà du diagnostic, la mission a conduit à plusieurs actions concrètes. La MINUSCA s’est engagée à soutenir l’installation d’une clôture à l’hôpital de district d’Obo pour améliorer la sécurité et l’organisation des circuits de prise en charge. L’acheminement vers Obo et Mboki de cargaisons d’équipements de protection individuelle, de médicaments et d’autres fournitures essentielles est aussi en cours.
Trois laboratoires mobiles pour renforcer la riposte
Le Directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui, Professeur Emmanuel Nakouné, a souligné que la situation en RDC reste préoccupante avec la progression de l’épidémie : 873 cas confirmés et 602 décès recensés, et cinq districts désormais touchés contre trois précédemment. Il a insisté sur l’importance de renforcer les capacités de préparation dans le sud-est de la République centrafricaine.
Une des avancées principales est le déploiement imminent de trois laboratoires mobiles de haute sécurité, acquis suite à l’initiative du ministère de la Santé auprès de l’Organisation mondiale de la Santé. Le premier laboratoire est déjà arrivé à Bangui, accompagné par des spécialistes de l’Institut Pasteur de Dakar. Les techniciens centrafricains participent actuellement à une formation intensive de quatre jours à l’Institut Pasteur de Bangui avant l’installation de cet équipement à Obo.
Ce laboratoire, temporairement placé dans une structure sécurisée de la MINUSCA, permettra d’effectuer rapidement des analyses sur les cas suspects grâce à un système de confinement à pression négative qui garantit une sécurité biologique maximale. Les deux autres laboratoires seront ensuite installés à Mboki et Zémio.
Pour renforcer immédiatement les capacités locales, sur directive du ministre de la Santé, des équipes composées de médecins, infirmiers et techniciens de laboratoire seront dépêchées cette semaine dans les centres de santé d’Obo et de Mboki. Ces mesures traduisent une volonté ferme de passer des constats aux actions concrètes.
Le Gouvernement privilégie une stratégie axée sur l’anticipation plutôt que la réaction. Bien que l’épidémie de choléra soit préoccupante, elle sert de test grandeur nature pour consolider les mécanismes de coordination, améliorer le fonctionnement des structures sanitaires, renforcer la surveillance communautaire et accélérer le déploiement des ressources humaines et logistiques.
Face à la menace persistante d’Ebola aux frontières orientales, les autorités sanitaires continuent leurs efforts, en collaboration avec leurs partenaires nationaux et internationaux, pour assurer que la République centrafricaine soit parée à toute éventuelle propagation du virus.
Source: presse LANOCA