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08 juil. 2026
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À chaque résurgence des velléités insurrectionnelles, le même scénario funeste se dessine : des compatriotes, aveuglés par une irrépressible libido dominandi – cette soif immodérée de puissance décrite depuis l'Antiquité –, semblent prêts à pactiser avec des forces armées étrangères, au mépris des conséquences humaines, sociales et historiques de leurs entreprises.
L'expérience nationale est pourtant sans équivoque. Les tragiques convulsions de 2013 demeurent une cicatrice indélébile dans la conscience collective. Elles ont démontré qu'une coalition armée, une fois lancée dans la dynamique de la conquête, échappe fréquemment à toute velléité de maîtrise. Les armes ne connaissent ni fidélité ni gratitude ; elles obéissent à leur propre logique, celle de la prédation, de la brutalité et du chaos.
L'histoire universelle enseigne que celui qui convoque les mercenaires ou instrumentalise des combattants étrangers finit souvent par devenir lui-même l'otage des forces qu'il croyait dominer. Les ambitions politiques se dissolvent alors dans une spirale d'anomie où l'autorité cède la place à l'arbitraire, et où les populations civiles deviennent les victimes expiatoires d'intérêts qui leur sont totalement étrangers.
La plus insoutenable des contradictions réside toutefois ailleurs. Ceux qui fomentent ces aventures périlleuses ne sont généralement pas ceux qui en supportent les affres. Bien souvent, leurs familles évoluent loin des théâtres d'opérations, à l'abri des crépitements des armes et des affres de l'exil. Elles ne connaissent ni les nuits d'angoisse, ni les routes de l'errance, ni les humiliations infligées aux déplacés.
À l'inverse, ce sont les anonymes qui acquittent le tribut le plus lourd. Le cultivateur voit ses récoltes anéanties. Le commerçant assiste à la ruine de toute une vie de labeur. L'élève abandonne l'école. La mère fuit avec ses enfants sur les chemins de l'incertitude. Le vieillard contemple, impuissant, l'effondrement de tout ce qu'il avait patiemment bâti.
Quelle insondable aporie que de prétendre gouverner un peuple en l'exposant délibérément aux ravages de la guerre ! Quelle déroute morale que de proclamer son amour de la patrie tout en favorisant des dynamiques susceptibles d'entraîner sa désagrégation ! Un véritable homme d'État ne mesure jamais sa grandeur à sa capacité de conquérir le pouvoir, mais à son aptitude à préserver la vie, la cohésion nationale et la dignité humaine.
La République centrafricaine n'a nul besoin de nouveaux pyromanes politiques se présentant ensuite comme des pompiers providentiels. Elle attend des bâtisseurs, des visionnaires capables d'édifier une paix durable, de consolider les institutions et de restaurer la confiance entre les citoyens.
L'époque des aventures belliqueuses devrait appartenir aux archives de notre histoire. Le XXIแต siècle commande une autre exigence : celle du débat démocratique, de la confrontation des idées, de l'alternance pacifique et de la primauté absolue de l'intérêt général.
Nos compatriotes ne réclament ni miracles ni messies. Ils aspirent à une existence ordinaire, faite de sécurité, d'éducation, de travail et d'espérance. Ils souhaitent transmettre à leurs enfants un pays réconcilié avec lui-même plutôt qu'un héritage de ruines et de ressentiments.
Les leçons de 2013 ne sauraient être reléguées aux oubliettes de notre mémoire nationale. Elles constituent un avertissement permanent contre les séductions délétères de la violence politique. Une nation qui oublie ses tragédies s'expose inéluctablement à les revivre.
Qu'il soit donc clairement affirmé : aucune magistrature suprême, aucune ambition présidentielle, aucun calcul politicien ne saurait justifier que le sang d'un seul Centrafricain soit versé.
Le patriotisme authentique ne se proclame pas dans le fracas des armes. Il se manifeste dans le respect de la vie humaine, la défense des institutions républicaines et la volonté inébranlable de préserver la paix. C'est à ce prix seulement que la République centrafricaine cessera d'être le théâtre des éternels recommencements pour devenir enfin la terre d'espérance à laquelle aspire tout son peuple.
Bé Mama
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