À Bangui, une formation sur la gestion des armes et des munitions a été lancée le 2 septembre 2026 avec l’appui de la MINUSCA. Pendant trois jours, les acteurs nationaux et internationaux engagés dans le processus de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (DDRR) renforceront leurs compétences afin d'améliorer le contrôle, la sécurisation et la traçabilité des armes collectées en République centrafricaine.
Lors de cette session, des représentants de l’Unité d’exécution du programme national DDRR (UEPNDDRR), de la Commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC), du ministère en charge du DDRR, de la MINUSCA ainsi que du personnel spécialisé basé à New York ont échangé sur les bonnes pratiques en matière de gestion et de sécurisation des armes.
Une réponse aux insuffisances relevées
Selon Pierre Emmanuel Ubalijoro, chef de la Section DDR de la MINUSCA, cette formation fait suite aux constats établis par une mission d’évaluation des capacités opérationnelles en matière de gestion des armes et des munitions, qui a mis en évidence plusieurs lacunes dans ce domaine.
 
Lors de la cérémonie d’ouverture, il a indiqué que plusieurs recommandations avaient été formulées, notamment celle visant à renforcer les capacités opérationnelles des institutions et des acteurs impliqués dans le contrôle, la gestion et la sécurisation des armes et des munitions.
La formation se déroulera en deux étapes : une première phase en ligne, du 2 au 4 septembre, suivie d’une session en présentiel prévue du 22 au 25 septembre.
 
Des avancées significatives dans le processus DDRR
 
La MINUSCA accompagne depuis trois ans la COMNAT-ALPC dans le renforcement de ses capacités opérationnelles.
 
Cet appui a notamment permis la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation à Bangui, puis dans plusieurs régions de la République centrafricaine. Ces actions ont favorisé la collecte de plusieurs centaines d’armes détenues illégalement, contribuant ainsi à l’amélioration de la sécurité des populations.
 
Par ailleurs, la Section DDR de la MINUSCA soutient l’UEPNDDRR depuis le lancement du programme national DDR en décembre 2018. Grâce à cet accompagnement, plus de 7 000 ex-combattants ont déjà été désarmés et démobilisés.
 
L’objectif de 10 000 combattants désarmés
 
Initialement fixé à 7 000 bénéficiaires, l’objectif du programme a récemment été revu à la hausse pour atteindre 10 000 combattants. Cette décision a été prise par le Comité stratégique DDR, Réforme du secteur de la sécurité et Réconciliation nationale, présidé par le président Faustin-Archange Touadéra.
 
Les autorités souhaitent achever cette opération dans un délai de trois mois. Un défi de taille, reconnaît Pierre Emmanuel Ubalijoro, qui souligne la nécessité d’une collaboration active des groupes armés pour parvenir à ce résultat.
 
Dans cette perspective, la Mission onusienne travaille étroitement avec l’UEPNDDRR et la COMNAT-ALPC afin de renforcer le marquage des armes collectées, une démarche essentielle pour empêcher leur retour dans les circuits illicites.
 
Le marquage, un outil clé pour la traçabilité des armes
 
L’un des principaux axes de la formation porte sur la traçabilité des armes et des munitions. Les organisateurs estiment qu’un système efficace de marquage permet de suivre le parcours des armes récupérées et d’éviter qu’elles ne réapparaissent entre les mains de groupes armés ou de réseaux criminels.
 
« Dans le passé, certaines armes collectées ont été retrouvées plus tard en circulation. Le marquage crée une chaîne de traçabilité qui permet d’identifier leur provenance et leur parcours », a expliqué Pierre Emmanuel Ubalijoro.
 
Il a également salué le rôle de la COMNAT-ALPC et le Service de lutte antimines des Nations Unies dans le développement d’une expertise nationale en matière de gestion des armes.

Une formation axée sur les aspects techniques

Plusieurs modules sont au programme de cette première phase en ligne. Ils portent notamment sur les armes légères et de petit calibre, les principes de gestion des armes et des munitions dans le contexte du DDRR, les cadres internationaux de lutte contre la prolifération des armes, ainsi que les mécanismes de suivi et d’évaluation.
 
Les participants seront également formés à l’identification et à la documentation des armes collectées, à la gestion sécurisée des stocks, à la tenue des registres ainsi qu’aux procédures de traçage des armes illicites.
 
Selon le lieutenant Jonas Bissakonou, chef d’équipe de désarmement à l’UEPNDDRR : « Cette formation nous est particulièrement utile, car elle s’inscrit dans la continuité des activités que nous menons dans le cadre du processus de désarmement. Elle constitue une véritable remise à niveau en nous permettant de clarifier et d’approfondir nos connaissances. Grâce aux échanges et aux modules dispensés, nous avons pu mieux comprendre certains aspects qui n’avaient pas été suffisamment assimilés lors des précédentes formations. Nous allons partager les acquis de cette formation avec ceux d’entre nous qui n’ont pas pu y prendre part ».
 
À travers cette initiative, la MINUSCA et ses partenaires ambitionnent de renforcer les compétences techniques des acteurs nationaux afin d’améliorer l’efficacité des opérations de désarmement et de contribuer à la réduction de la circulation illicite des armes en République centrafricaine.
 
Source: MNISCA, Par Fleury Koursany
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