Des jeunes centrafricains debout pour l’environnement
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Du 8 au 10 octobre 2026, se tient à l’hôtel Ledger Plaza de Bangui le Forum national des jeunes pour le climat, la biodiversité et la promotion de l’entrepreneuriat vert, placé sous le thème : « Innovation et résilience : la jeunesse au cœur des solutions pour le climat et la biodiversité ».
Tout a commencé par une parade organisée à l’intérieur de l’hôtel Ledger Plaza, peu avant l’ouverture officielle du forum. A la tête de cette procession, un jeune homme tenait un flambeau, suivi d’autres jeunes portant les drapeaux des différents partenaires ayant contribué au financement de l’événement, parmi lesquels la France, Oxfam, l’ONG CACC, l’UNICEF et l’UNESCO.
Les participants ont ensuite chanté l’hymne national en sango, avant de céder la parole au fondateur et coordonnateur de l’ONG BéAfrica Greener, Davy Baoro Ndoko, initiateur de ce forum.
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Dans son discours de circonstance, Davy Baoro Ndoko a d’abord souhaité la bienvenue aux participants et exprimé sa joie pour leur mobilisation. Dans son propos, il a laissé entendre que cette rencontre constitue un moment important pour la jeunesse centrafricaine, appelée non seulement à réfléchir, mais surtout à proposer des solutions et à agir en faveur de l’environnement.
L’orateur a présenté BéAfrica Greener comme une structure engagée dans la défense de l’environnement et la promotion de l’entrepreneuriat vert. Son ambition est d’emmener les citoyens à passer à l’action. «Si les jeunes constituent l’avenir du pays, ils constituent aussi le présent», a-t-il rappelé.
Pour Davy Baoro Ndoko, la jeunesse centrafricaine dispose de nombreuses capacités. Les jeunes sont à la fois des chanteurs, des innovateurs et des acteurs capables de contribuer au développement du pays. Il les a donc exhortés à prendre leurs responsabilités et à ne pas considérer ce forum comme une simple occasion d’obtenir un certificat, de bénéficier de facilités de transport ou de prendre des photos.
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«Il y a quelque chose à partager», a-t-il insisté, invitant les participants à faire de cette rencontre un véritable espace d’échanges et de partage d’expériences.
S’adressant aux jeunes venus des 20 préfectures du pays, il leur a conseillé de repartir avec des solutions concrètes et de partager les connaissances acquises au cours du forum. Pour lui, le véritable succès de cette initiative ne se mesurera pas au nombre de participants ou de certificats délivrés, mais à ce que les jeunes seront capables de réaliser sur le terrain.
Revenant sur les difficultés liées à l’organisation de cette rencontre, Davy Baoro Ndoko a reconnu avoir «frappé à beaucoup de portes» pour parvenir à réunir les moyens nécessaires. Il a également annoncé l’organisation, samedi prochain, d’une grande marche à travers la ville de Bangui en faveur d’une Centrafrique plus propre et de la protection de l’environnement.
Intervenant à son tour, le ministre de l’Environnement, Silla Semballa, a évoqué les changements observés au fil des années dans le régime des pluies à Bangui. «Quand nous étions encore jeunes, il pleuvait à Bangui dix mois sur douze», a-t-il rappelé, invitant les jeunes à observer les changements qui s’opèrent aujourd’hui.
Selon le membre du gouvernement, si les Centrafricains parvenaient à planter sept millions d’arbres par an, le pays pourrait retrouver, à terme, un régime climatique comparable à celui du passé, avec davantage de mois de saison des pluies.
Le ministre a également reformulé le thème du forum en lançant un appel autour de la question : «Les jeunes face au changement climatique». Il a estimé que les jeunes sont à la fois bénéficiaires et acteurs des politiques environnementales. A ses yeux, c’est à cette génération de prendre une part active dans les changements nécessaires.
Silla Semballa a par ailleurs rappelé l’existence, à l’Université de Bangui, d’un département consacré à l’environnement, ouvert à tous ceux qui souhaitent se former dans ce domaine. Il s’est toutefois interrogé sur la place accordée à l’enseignement de l’environnement dans les établissements scolaires, notamment dans les écoles primaires et secondaires.
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Le ministre a également cité l’exemple des ménagères qui pourraient abandonner progressivement l’utilisation du charbon de bois au profit d’autres sources d’énergie pour la cuisson. Pour lui, un tel changement de comportement constitue déjà un geste concret en faveur de l’environnement.
«Si vous ne faites rien, rien ne se fera», a-t-il lancé aux jeunes, avant de les appeler, en conclusion de son intervention, à prendre leurs responsabilités face à l’histoire et aux défis environnementaux auxquels la République centrafricaine est confrontée.
Le lendemain, samedi 10 octobre 2026, les participants à ce forum ont organisé une grande marche qui a débuté à l’hôtel Ledger et qui a emprunté les avenues de l’Indépendance, Boganda, Conjugo et Martyrs avant de déboucher à l’hôtel Ledger.
Frédéric Jean-Perrier