Discours de son excellence le professeur Faustin Archange TOUADERA, président de la République, Chef de l’Etat à la troisième édition du sommet Russie-Afrique
03 nov. 2026/image%2F7173031%2F20261103%2Fob_e94025_867659641-961395656610389-789156341380.jpg)
MOSCOU, 29 OCTOBRE 2026,
- Excellence, Monsieur le Président de la Fédération de Russie ;
- Excellence, Monsieur le Président en Exercice de l’Union Africaine ;
- Excellences, Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement ;
- Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;
- Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi, au nom du peuple centrafricain et en mon nom propre, d’exprimer ma profonde gratitude au Président de la Fédération de Russie, au Gouvernement et aux peuples russes, pour l’accueil chaleureux réservé à ma délégation et pour l’excellente organisation de ce troisième Sommet Russie-Afrique.
Je salue également mes frères et sœurs Chefs d’État africains. Votre présence nombreuse à Moscou témoigne d’une conviction partagée : l’Afrique entend désormais choisir ses partenaires et définir elle-même les termes de sa coopération.
Mesdames et Messieurs, De Sotchi en 2019 à Saint-Pétersbourg en 2023, puis aujourd’hui à Moscou, le partenariat entre la Russie et l’Afrique a gagné en profondeur et en maturité.
Pour la République Centrafricaine, ce partenariat n’est pas une abstraction. Lorsque notre pays traversait l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, la Fédération de Russie a répondu à notre appel. Son appui à la formation et à l’équipement de nos Forces armées a contribué à la restauration de l’autorité de l’État sur notre territoire.
Cette stabilité retrouvée a permis la tenue pacifique des élections générales en décembre 2025. Le temps est venu de transformer la paix gagnée en prospérité partagée. Le thème de notre Sommet nous invite à une exigence : que la coopération profite durablement aux deux parties.
Pour l’Afrique, cela signifie rompre avec un modèle hérité, où nos matières premières quittaient le continent à l’état brut, tandis que la valeur ajoutée, les emplois et le savoir-faire se créaient ailleurs. La République Centrafricaine porte, à cet égard, quatre attentes claires :
- La transformation locale de nos ressources, pour que chaque tonne extraite crée des emplois centrafricains.
- Le transfert de technologies et de compétences, à travers la formation de nos ingénieurs, techniciens et cadres.
- L’investissement productif, dans le respect de notre souveraineté et de nos lois, avec des contrats transparents et équilibrés.
- L’accès aux marchés pour nos produits agricoles et transformés.
Un partenariat mutuellement avantageux est celui où chacun sort plus fort. C’est l’esprit dans lequel la République Centrafricaine aborde ce Sommet.
Mesdames et Messieurs, Au cœur du continent, la République Centrafricaine dispose d’atouts considérables, encore largement inexploités. Nous invitons nos partenaires russes à les valoriser avec nous, dans les secteurs suivants :
- Agriculture et agro-industrie : nos terres fertiles et notre pluviométrie favorable peuvent faire de notre pays un grenier régional. Nous avons besoin de mécanisation, d’engrais, de semences et d’unités de transformation.
- Mines : or, diamant, uranium et autres minerais critiques doivent être exploités de manière responsable, avec une part accrue de transformation locale et des retombées pour nos populations.
- Forêt et bois : notre patrimoine forestier appelle une gestion durable et une industrie de transformation locale.
- Énergie : l’hydroélectricité et le solaire sont la clé de notre industrialisation et de l’accès des ménages à l’électricité.
- Infrastructures et désenclavement : routes, corridors vers les ports de la sous-région, liaisons aériennes et numérique conditionnent notre intégration économique.
- Éducation, santé et numérique : former notre jeunesse, soigner nos populations et connecter nos territoires.
La valorisation du potentiel de chaque pays africain doit s’inscrire dans une vision continentale. L’Agenda 2063 de l’Union Africaine et la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine offrent le cadre de cette ambition. Le prochain plan d’action du Forum de partenariat Russie-Afrique pour 2027-2029 devrait s’y articuler étroitement.
L’Afrique, forte de sa jeunesse et de ses ressources, doit aussi occuper la place qui lui revient dans la gouvernance mondiale.
La République Centrafricaine soutient la Position africaine commune sur la réforme du Conseil de Sécurité des Nations Unies et une meilleure représentation du continent dans les institutions financières internationales.
Nous plaidons pour un ordre international fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence et l’égalité entre partenaires.
Excellences,
Mesdames et Messieurs ;
Le Sommet de Moscou doit marquer le passage des engagements aux réalisations. Nos peuples attendent des résultats concrets : des usines, des routes, de l’électricité, des emplois et des écoles. La République Centrafricaine offre un cadre réformé pour l’investissement et une volonté politique ferme de bâtir avec ses partenaires une prospérité partagée
Je forme le vœu que ce troisième Sommet ouvre une nouvelle étape, plus ambitieuse et plus concrète, du partenariat entre la Russie et l’Afrique.
Vive la coopération Russie-Afrique !
Je vous remercie.