Kigali accueille l’édition 2026 du Forum sur les systèmes alimentaires africains
02 sept. 2026/image%2F7173031%2F20260902%2Fob_75ebe3_0109-141204-kigali-accueille-l-edition.jpg)
Plus de 5 000 dirigeants, investisseurs, entreprises, agriculteurs et partenaires au développement sont attendus cette semaine à Kigali pour débattre de l’avenir de l’agriculture africaine. Au cœur des échanges, la jeunesse, l’investissement, la sécurité alimentaire, le climat et le commerce.
« Investir dans les systèmes agroalimentaires africains : nourrir les nations, créer des emplois et renforcer la résilience ». Tel est le mot d’ordre de l’édition 2026 du Forum sur les systèmes alimentaires africains (African Food Systems Forum - AFSF) qui se tient du 31 août au 4 septembre 2026 au Centre de conventions de Kigali au Rwanda.
Organisé par AGRA (l'Alliance pour une révolution verte en Afrique), le rendez-vous doit rassembler plus de 5 000 participants issus d’une cinquantaine de pays, dont des dirigeants africains, des entreprises, des investisseurs, des organisations paysannes, des chercheurs, des institutions financières et des partenaires au développement.
Plus de 200 intervenants sont annoncés, parmi lesquels le directeur général de la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), Qu Dongyu, le président du Fonds international de développement agricole (FIDA), Alvaro Lario, la présidente d’AGRA, Alice Ruhweza, ainsi que des représentants de la Banque africaine de développement et de la Commission de l’Union africaine.
Durant la semaine, les sessions, les tables rondes et des panels s’enchaîneront autour des enjeux de financement, de sécurité alimentaire, de climat, de commerce et d’innovation.
Le défi de mobiliser 100 milliards USD d’ici 2035
Cet évènement qui célèbre aussi deux décennies d’existence de l’AGRA s’inscrira dans un contexte où la transformation des systèmes alimentaires revient au centre des priorités sur le continent avec la nouvelle décennie du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA/CAADP), qui couvre la période 2026-2035.
Cette feuille de route de l’Union africaine vise à accélérer à améliorer la productivité et à créer des emplois dans une agriculture qui représente près d’un quart du PIB africain, mais attire encore une part limitée des crédits bancaires, des investissements privés et des financements climatiques.
Avec sa thématique, le Forum souhaite ainsi placer au cœur des discussions la mobilisation de financements mixtes, des banques de développement, des fonds souverains et des investisseurs institutionnels pour appuyer l’ambition de l’UA qui veut réunir, d’ici à 2035, 100 milliards USD d’investissements publics et privés en faveur des systèmes agroalimentaires africains.
L’AFSF prévoit à cet effet un « Deal Room », présenté comme une plateforme de mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs. Les entreprises et organisations sélectionnées doivent pouvoir y présenter des projets dans les filières agricoles, la logistique, la finance, l’agritech, la nutrition et les énergies propres.
Les discussions porteront aussi sur le développement et la construction de chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui est appelée à jouer un rôle important dans la circulation des intrants et des produits agricoles stratégiques pour la sécurité alimentaire comme les céréales, les tubercules, les oléagineux, les fruits, les légumes et les produits carnés.
Résilience climatique, jeunesse et redevabilité également au cœur des débats
Au-delà du financement, l’édition de Kigali doit examiner les conditions d’une agriculture plus résiliente. Les sécheresses, les inondations, les vagues de chaleur, les ravageurs et la dégradation des sols affectent de plus en plus les rendements agricoles sur le continent. Le Forum prévoit donc des sessions consacrées à l’adaptation des systèmes de production, à la gestion de l’eau, aux semences résistantes, à l’agroécologie, à la réduction des émissions liées à l’agriculture et aux mécanismes de financement climatique.
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La jeunesse figure également parmi les priorités du Sommet. Alors que le continent dispose de la population la plus jeune au monde, les organisateurs veulent mettre en avant l’agriculture comme un espace d’entrepreneuriat, d’innovation numérique et de création d’emplois dans des métiers comme les services de mécanisation, le conseil technique, le commerce électronique, la logistique, l'assurance, la gestion de données, la transformation et la distribution.
L’édition précédente, organisée à Dakar en septembre 2025, avait déjà placé la jeunesse au centre de ses travaux. Le Forum avait alors réuni près de 6 000 participants autour de l’accès au foncier, au financement, à l’innovation et aux politiques de souveraineté alimentaire.
À Kigali, les discussions doivent aussi porter sur les mécanismes de redevabilité dans un contexte où la mise en œuvre des stratégies agricoles et des engagements continentaux successifs reste souvent limitée par l’insuffisance des budgets, le manque de coordination institutionnelle et l’absence de données fiables pour mesurer les résultats.
Espoir Olodo (Agence ecofin)
Edité par : Feriol Bewa