Kigali 1er septembre 2026 La République centrafricaine entend donner une nouvelle impulsion à son secteur agricole. Présente au Forum sur les systèmes alimentaires africains 2026, organisé à Kigali, la capitale rwandaise, la RCA a mis en avant ses ambitions pour transformer son agriculture, renforcer la production nationale et faire du secteur rural l’un des principaux moteurs de la croissance économique et de la création d’emplois.

Conduite par le Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, le Professeur Emmanuel Mbetid-Bessane, la délégation centrafricaine a saisi cette importante plateforme continentale pour présenter les priorités du pays en matière de modernisation agricole. À travers cette participation, Bangui entend renforcer les échanges avec les acteurs africains et internationaux engagés dans la transformation des systèmes alimentaires

Une agriculture appelée à changer d’échelle

Pour la République centrafricaine, la modernisation de l’agriculture constitue aujourd’hui un enjeu stratégique. Avec ses vastes espaces cultivables et ses importantes potentialités agro-sylvo-pastorales le pays dispose d’atouts considérables pour développer une agriculture capable de répondre davantage aux besoins de sa population et de contribuer durablement à l’économie nationale.

L’un des axes majeurs présentés à Kigali concerne ainsi la mécanisation agricole. L’objectif est de permettre aux producteurs centrafricains d’accéder progressivement à des équipements et à des techniques susceptibles d’améliorer les rendements, de réduire la pénibilité du travail et d’accroître les superficies exploitées.

La mécanisation apparaît également comme un moyen de faire évoluer l’agriculture traditionnelle vers des modèles de production plus modernes, plus productifs et davantage orientés vers le marché

Cette transformation ne saurait cependant se limiter à la seule production La RCA souhaite également développer l’ensemble des chaînes de valeur agricoles, depuis la production jusqu’à la transformation, la commercialisation et la distribution.

Miser sur les chaînes de valeur et la transformation agroalimentaire

L’un des défis majeurs du secteur agricole centrafricain reste la transformation des produits issus des exploitations. Une production plus importante doit pouvoir être accompagnée par des infrastructures et des investissements permettant de valoriser les récoltes sur place

C’est dans cette perspective que le développement des chaînes de valeur agricoles et de la transformation agroalimentaire occupe une place importante dans les priorités présentées par la délégation centrafricaine.

Transformer davantage les produits agricoles localement permettrait non seulement d’augmenter leur valeur ajoutée, mais également de créer de nouvelles opportunités économiques pour les jeunes et les femmes, tout en favorisant l’émergence de petites et moyennes entreprises dans les zones rurales.

Cette approche pourrait également contribuer à réduire les pertes post-récoltes et à améliorer la disponibilité des produits alimentaires sur les marchés nationaux

À travers cette stratégie, l’ambition est donc de passer progressivement d’une agriculture principalement orientée vers la subsistance à une agriculture davantage productive commerciale et créatrice de revenus

Le soja, une filière à fort potentiel

Au cours du Forum, les potentialités de la République centrafricaine dans le domaine du soja ont également suscité l’intérêt des participants.

Cette production représente une opportunité pour le pays, notamment dans le cadre d’une stratégie visant à diversifier les cultures et à développer des filières agricoles capables de générer davantage de revenus.

Le développement du soja pourrait également s’inscrire dans une logique plus large de transformation agroalimentaire. Au-delà de la production brute, la valorisation de cette filière pourrait ouvrir des perspectives dans différents domaines, notamment l’alimentation humaine et animale.

Pour la RCA, l’enjeu consiste désormais à transformer ses potentialités naturelles en véritables opportunités économiques, grâce à l’investissement, à l’accompagnement technique des producteurs, à l’accès aux intrants et au développement des infrastructures

Renforcer les partenariats scientifiques et techniques

La participation centrafricaine au Forum de Kigali ne s’est pas limitée aux échanges institutionnels. En marge des travaux, le Ministre Emmanuel Mbetid-Bessane a échangé avec la Directrice générale de l’IITA, dans le cadre de la relance de la coopération entre les deux parties.

Les discussions ont notamment porté sur plusieurs domaines essentiels pour la modernisation du secteur agricole centrafricain, parmi lesquels les semences améliorées, la formation et le financement

L’accès à des semences performantes constitue en effet un élément déterminant pour améliorer les rendements agricoles. Mais cette question doit être accompagnée par la formation des producteurs afin de leur permettre de maîtriser les nouvelles techniques et de mieux exploiter les technologies disponibles

Le financement demeure également un défi central. Sans accès à des ressources financières adaptées, les producteurs et les entrepreneurs ruraux éprouvent des difficultés à investir dans les équipements, les intrants, la transformation et la commercialisation.

La relance de la coopération avec des institutions spécialisées comme l’IITA pourrait donc contribuer à renforcer les capacités nationales et à accélérer le transfert de connaissances et de technologies

L’agriculture au cœur de la création d’emplois

Au-delà de la question alimentaire, la République centrafricaine considère l’agriculture comme un puissant levier de création d’emplois, notamment pour la jeunesse.

Dans un pays où une grande partie de la population vit des activités rurales, la transformation du secteur agricole peut générer des opportunités bien au-delà des exploitations elles-mêmes

La mécanisation, le transport, le stockage, la transformation la commercialisation la maintenance des équipements et les services agricoles sont autant de domaines susceptibles de créer de nouvelles activités économiques

Le développement des chaînes de valeur pourrait ainsi favoriser l’apparition d’un véritable écosystème autour de l’agriculture avec des producteurs des transformateurs, des commerçants, des transporteurs, des techniciens et des entrepreneurs travaillant autour des mêmes filières.

Pour la jeunesse centrafricaine, cette dynamique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives professionnelles et contribuer à faire du secteur agricole un espace d’innovation et d’entrepreneuriat

Une opportunité pour le développement rural

La modernisation agricole représente également un enjeu majeur pour le développement des zones rurales.

Une agriculture plus productive et mieux connectée aux marchés peut contribuer à améliorer les revenus des ménages agricoles et à stimuler l’économie locale

Lorsque les producteurs disposent de meilleurs moyens de production et peuvent vendre leurs produits dans de bonnes conditions, les retombées économiques peuvent bénéficier à l’ensemble des communautés.

Le développement agricole doit donc être envisagé comme une politique globale intégrant les infrastructures rurales l’accès aux marchés la formation, le financement, la mécanisation et la transformation

Cette vision permettrait de rapprocher davantage les producteurs des consommateurs et de renforcer les liens entre les zones rurales et les centres urbains.

Kigali, une plateforme pour renforcer la coopération africaine

La présence de la République centrafricaine au Forum sur les systèmes alimentaires africains 2026 traduit également la volonté de Bangui de participer activement aux débats continentaux sur l’avenir de l’agriculture et des systèmes alimentaires.

Le Forum offre une occasion de partager les expériences, d’identifier des partenaires et de rechercher des solutions adaptées aux réalités africaines.

Pour la RCA, les échanges avec les autres pays africains sont particulièrement importants. Plusieurs États du continent ont engagé des réformes dans les domaines de la mécanisation, de l’agro-industrie, de la transformation et de l’accès aux financements

L’expérience de ces pays peut constituer une source d’inspiration pour la République centrafricaine, tout en tenant compte de ses propres réalités économiques sociales et géographiques.

Vers une nouvelle ambition agricole centrafricaine

À Kigali, le message porté par la délégation centrafricaine est clair  l’agriculture doit devenir un véritable moteur du développement national

La RCA dispose de ressources importantes, mais la transformation de ces potentialités en résultats économiques concrets nécessite des investissements des partenariats solides et une politique cohérente sur le long terme

La mécanisation, les semences améliorées la formation, le financement, les chaînes de valeur et la transformation agroalimentaire constituent autant de leviers permettant d’engager cette mutation.

Le défi consiste désormais à traduire les ambitions exprimées à Kigali en actions concrètes sur le terrain, au bénéfice des producteurs et des communautés rurales

Faire de l’agriculture un pilier de l’économie nationale

En mettant l’accent sur la modernisation de son agriculture, la République centrafricaine veut inscrire le développement rural au cœur de sa stratégie économique

L’objectif est de construire un secteur agricole capable de produire davantage, de nourrir la population, de créer des emplois de générer des revenus et de participer à la croissance économique

La valorisation des filières comme le soja le développement de la transformation locale et le renforcement des partenariats techniques et financiers pourraient jouer un rôle déterminant dans cette évolution.

La participation de la RCA au Forum de Kigali apparaît ainsi comme une étape importante dans la recherche de nouvelles opportunités pour son secteur agricole.

En définitive, la République centrafricaine entend désormais capitaliser sur ses importantes potentialités agro-sylvo-pastorales pour bâtir une agriculture plus moderne, plus productive, plus compétitive et davantage créatrice d’emplois

À Kigali, la voix de la RCA porte donc une ambition : transformer son immense potentiel agricole en une force économique durable, au service de la sécurité alimentaire, de la jeunesse, des producteurs et du développement du pays.

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