Commune de Soungbé (RCA) : 33 filles victimes d’excision, l’alerte lancée à Bossangoa
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Située sur l’axe Bossangoa-Bouca, dans la commune de Soungbé, la pratique de l’excision continue de susciter de vives inquiétudes au sein de la communauté. Selon les informations recueillies, 33 filles âgées de 8 à 13 ans ont été victimes de mutilations génitales féminines le 24 août dernier. Cependant, certaines d’entre elles, confrontées à des pertes de sang, ont été évacuées vers l’hôpital de district de Bossangoa pour recevoir des soins médicaux.
Bien qu’interdite par la loi, la pratique des mutilations génitales féminines continue de se pratiquer dans certaines communautés de la commune de Soungbé, dans la préfecture de l’Ouham. La récente prise en charge de ces 33 filles à l’hôpital de Bossangoa ravive les inquiétudes concernant les conséquences de cette pratique sur la santé et les droits des enfants. Rencontrée à l’hôpital de Bossangoa, sous couvert de l’anonymat, l’une des victimes explique les pressions sociales qui auraient motivé sa décision : « Si on ne le fait pas, nos aînées vont se moquer de nous en nous appelant “Kpasakara”. c'est-à-dire femme sans importance C’est pourquoi nous avons décidé de le faire », témoigne-t-elle.
Cette situation met une nouvelle fois en lumière les risques liés aux mutilations génitales féminines, notamment chez les jeunes filles. Ces pratiques peuvent entraîner des complications médicales immédiates ou à long terme, ainsi que des conséquences psychologiques importantes. Gynécologue à l’hôpital de Bossangoa, le Dr Durant alerte sur la gravité des conséquences médicales : « Le 24 de ce mois, nous avons reçu plus d’une trentaine de filles victimes de mutilations génitales féminines. Cette pratique est très dangereuse et peut, dans certains cas, entraîner la mort. Lorsqu’une fille subit une mutilation génitale, elle peut développer un traumatisme psychologique qui peut la marquer durant toute sa vie. Plus tard, lors de l’accouchement, elle peut également être exposée à des complications, notamment à des hémorragies importantes pouvant parfois entraîner la mort », explique-t-il.
Pour les autorités sanitaires, la lutte contre cette pratique ne doit pas se limiter à la prise en charge médicale des victimes. Elle nécessite également une mobilisation de l’ensemble de la communauté, notamment des parents, des autorités locales et des organisations engagées dans la protection de l’enfance. « Je demande aux autorités locales, aux organisations non gouvernementales ainsi qu’aux parents de veiller au respect des droits des filles. L’excision est interdite et peut entraîner de nombreuses conséquences. Nos filles sont les futures cadres de demain », a-t-il ajouté.
Il convient de souligner que les 33 filles victimes de mutilations génitales féminines ont toutes été prises en charge à l’hôpital de Bossangoa, où elles ont bénéficié de soins médicaux adaptés à leur situation. Cette prise en charge vise à répondre aux conséquences de cette pratique et à accompagner les victimes dans leur rétablissement.
Pour votre rappel, l'excision des filles à Bossangoa, chef-lieu de la préfecture de l'Ouham en République centrafricaine (RCA), s'inscrit dans le cadre plus large des mutilations génitales féminines (MGF) qui persistent aux alentour de cette région. Bien que l'excision soit formellement interdite par la loi centrafricaine, les zones provinciales et reculées comme l'Ouham restent confrontées à la survivance secrète de cette pratique coutumière.
Pour échapper à la répression, l'acte est généralement mené en secret au sein des concessions familiales ou en brousse avec la complicité directe des parents. Les outils utilisés (lames de rasoir non stérilisées) augmentent considérablement les risques infectieux.
Source d’image: site BBC
Cherubin/Aubin