NOTE D’INFORMATION DU DÉSARMEMENT À LA STABILISATION : DES ACTIONS COMPLÉMENTAIRES AU SERVICE DE LA PAIX
28 août 2026Bangui, le 26 août 2026 - La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) fait le point sur les dernières avancées enregistrées au cours de la semaine écoulée dans les domaines du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration (DDR), ainsi que sur les activités de réduction de la violence communautaire (CVR).
À Kouki, le 21 août, 61 combattants, dont 59 éléments du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et deux (2) de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) ont franchi une étape décisive en renonçant volontairement à la lutte armée. L’Unité d’exécution du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (UEPNDDRR), avec l’appui de la MINUSCA, a procédé à leur désarmement et à leur démobilisation. Cette opération a également permis de retirer de la circulation plusieurs armes et munitions.
Cette avancée constitue un résultat tangible en faveur de la paix. Toutefois, la durabilité du désarmement dépend de la capacité des ex-combattants à retrouver leur place dans la société, à accéder à des moyens de subsistance et à reconstruire des relations de confiance avec leurs communautés.
À Bocaranga, cette transition se traduit par un accompagnement vers de nouvelles perspectives économiques. Le 19 août, la MINUSCA, en partenariat avec la Banque mondiale, a coordonné les activités de réintégration socio-économique de 148 ex-combattants, répartis en deux sessions de formation ouvertes respectivement en mai et en août. À travers l’apprentissage de métiers et le développement d’activités génératrices de revenus, ces bénéficiaires préparent leur autonomie.
À Obo, la même dynamique se déploie à l’échelle communautaire. Un projet CVR d’un mois mobilise 270 personnes, dont 59 femmes dans de travaux rémunérés. Parmi elles, 137 anciens membres de groupes d’autodéfense ayant volontairement déposé les armes en juin. Au-delà de l’appui économique immédiat, ce programme contribue au renforcement de la cohésion sociale et favorise la réintégration des anciens combattants au sein de leurs communautés d’accueil.
Ces initiatives illustrent la complémentarité entre le DDR et la Réduction de la violence communautaire. Alors que le DDR accompagne la sortie des groupes armés et le retrait des armes en circulation, le CVR agit sur les facteurs de vulnérabilité susceptibles d’alimenter de nouvelles violences. Leur efficacité repose sur la continuité de l’accompagnement offert aux bénéficiaires et aux communautés concernées.
« Le dépôt des armes est une étape essentielle, mais il n’est qu’un point de départ. Pour produire des effets durables, il doit s’accompagner d’une véritable transition vers la vie civile et d’un soutien aux communautés qui accueillent les ex-combattants », a souligné la porte-parole de la MINUSCA, Yaye Nabo SENE.
Les avancées enregistrées à Kouki, Bocaranga et Obo mettent en évidence le caractère multidimensionnel de la consolidation de la paix. Le désarmement, la réinsertion socio-économique et le soutien aux communautés constituent des efforts complémentaires visant à prévenir la résurgence de la violence et renforcer durablement la stabilité.
Ces progrès rappellent que la paix ne se limite pas à la cessation des hostilités ou au dépôt des armes. Elle repose également sur la création d’opportunités socio-économiques, l’accès effectif à des services publics de qualité et le renforcement des mécanismes de protection des civils. De la convergence de ces conditions dépend la résilience des communautés et la pérennité des acquis en matière de paix et de sécurité.
La restauration et l’extension de l’autorité de l’État constituent à cet égard un pilier essentiel de la stabilisation. Elles visent à rapprocher l’administration des populations et à renforcer les capacités des autorités locales à exercer leurs responsabilités.
Dans cet esprit, la MINUSCA a remis, le 18 août, un nouveau bâtiment de la sous-préfecture de Ndim aux autorités locales. Le 22 août, un bâtiment similaire a été inauguré à Grevaï-Pamia, où la Mission a également pris part à l’installation du maire et des membres du conseil municipal. Ces actions optimisent la présence administrative et le dialogue entre les institutions et les citoyens.
La MINUSCA contribue à l’extension de l’autorité de l’État en soutenant le déploiement des Forces centrafricaines de défense et de sécurité. Ce soutien permet de renforcer la protection des civils, priorité de la Mission, notamment à Sikikédé (Vakaga), où elle a récemment augmenté sa présence, multiplié les patrouilles et consolidé ses mécanismes d’alerte ainsi que sa coordination avec les autorités locales et les forces de défense et de sécurité.
Toujours dans la Vakaga, la Mission continue d’assurer la protection des plus de 17 500 personnes ayant trouvé refuge à proximité de sa base, à la suite de l’attaque du 30 juin contre Am-Dafock, outre ses liaisons aériennes, indispensables à l’acheminement de l’aide humanitaire, du personnel humanitaire et des équipes médicales.
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